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Chroniques : Anasazi - playing ordinary people

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Anasazi
playing ordinary people
2011 - Progressif (Metal progressif)etoileetoileetoileetoileetoile2
Par Ptilouis
(20/12/11)


playing ordinary people

La liberté artistique a parfois du bon et certaines démarches devraient être louées. C'est par exemple le cas du groupe de metal progressif grenoblois anasazi. Mené par Mathieu Madani, les anasazis offrent leur cinquième disque, nommé playing ordinary people, à tout ceux qui voudront bien le télécharger sur leur site officiel. Et pour un album disponible gratuitement, un tel travail force le respect, surtout quand il propose un aussi beau renouvellement.


Origin(s), leur précédent album, avait une démarche artistique clair : rendre un hommage aux groupes qui avaient influencés les différents membres du groupe allant de Dream Theater à Porcupine Tree en passant par Pain of Salvation pour ne citer que les plus connus, tout en gardant la patte des grenoblois. Avec playing ordinary people, anasazi revient à une musique plus organique, moins influencée et surtout de l'aveu même de Mathieu plus proche de ce que faisait anasazi dans ses débuts. Première approche, la pochette est splendide, illustrant parfaitement le titre de l'album tout en évoquant une sorte de mélancolie que l'on retrouvera durant tout l'album.


Première écoute, la guitare acoustique se mêle aux bruits d'enfants jouant dans une quelconque cour, puis retentit la basse simple, mélodique, efficace. Cette introduction nous touche en plein cœur, débordant d'émotions. L'album ne fait que commencer. Soudain « jeopardize » démarre avec un metal progressif efficace, la voix de Mathieu Madani nous emporte et le final instrumental presque lourd nous fait tomber à genoux. Efficace. S'ensuit « what's left behind » morceau avec une guitare à la rythmique lancinante, une batterie lourde et pourtant le refrain est entêtant. Le tout est clairement progressif et beaucoup moins metal que ne le laissait penser le premier morceau. D'ailleurs l'ensemble du disque est plutôt à ranger dans un style progressif teinté de metal contrairement à son prédécesseur et fait la part belle aux influences plus oniriques avec notamment Pain of Salvation et Porcupine Tree.


D'autres influences surgissent par moments dans les morceaux calmes comme Frost* ou Anathema dans « Shine a Light », véritable rayon de lumière avec ses passages ambiants, son côté aéré et la présence d'une voix féminine (Delphine Polet) des plus agréable. D'autres morceaux participent à cet aspect envoûtant et rêveur, notamment « something happened », seul morceau plutôt historique avec comme thème le nucléaire. playing ordinary people envoûte l'auditeur, l'aspire grâce au chant de Mathieu Madani, à un son excellent des guitares (écoutez le solo tout en feeling de « this ain't over » réalisé par Sebastien Garsia qui officiait dans Sombdravz!), des claviers posant l'ambiance et une basse au son bien rond. L'ensemble des morceaux reste tout de même assez varié certains faisant plus office de single comme « this ain't over » ou encore « something's wrong », même si ce dernier souffre d'un problème de son qui gâche un peu l'écoute.


playing ordinary people s'avère homogène dans son ambiance et on assiste à un petit ventre mou dans la deuxième partie de l'album avec « and » qui souffre d'un sentiment de déjà-vu. En réalité, ce disque possède un défaut assez simple, il s'avère un peu trop long, pourtant les morceaux les plus longs sont souvent les mieux réussis de l'album et c'est le cas de la dernière piste « what if » qui dure près de 16 minutes. Et là ce n'est que du bonheur. Le morceau se retrouve découpé en plusieurs parties bien distinctes avec une intro très calme, piano sombre à l'appui, puis arrive un petit intermède où nous assistons émerveillés à une narration sur fond musical. S'enchaîne une nouvelle partie où les lignes de chants de Mathieu Madani sont absolument sublimes, envoutantes (probablement les meilleurs de toute la carrière d'anasazi). Un passage instrumental aux accents jazzy débarque ensuite pour laisser place à un final époustouflant le duo avec le chant féminin est sublime et le morceau s'arrête sur une ligne de basse efficace et entêtante à la manière de « Learning To Live » de Dream Theater. Un véritable morceau de rock progressif !


Ce cinquième album d'anasazi est-il meilleur que le précédent ? Assurément oui ! Même s'il souffre d'une certaine longueur, playing ordinary people propose un véritable voyage musical purement progressif avec des moments de grâce comme « shine a light » ou « what if ». anasazi renoue d'une certaine façon avec ses anciens albums, retrouvant cet aspect mélancolique, tout en proposant de nouvelles expériences, des morceaux plus osés et une production qui leur fait honneur. Les grenoblois montrent dans playing ordinary people leur amour pour la musique progressive et ça fait plaisir à entendre !







Album disponible gratuitement sur http://www.anasazi-prog.com/ !




Liste de lecture (74:00)

01. Welcome To The Show - 01:14
02. Jeopardize - 06:05
03. What's Left Behind - 05:27
04. Something Happened - 05:26
05. This Ain't Over - 06:39
06. Shine A Light - 08:01
07. Something's Wrong - 04:22
08. Stranger To Myself - 05:52
09. And - 05:41
10. Silently - 06:42
11. Shame - 02:23
12. What If - 15:46