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Chroniques : Red Hot Chili Peppers - I'm With You |
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- De Ptilouis dans
La sortie d’un album des Red Hot Chili Peppers est, depuis 1991 et Blood Sugar Sex Magik, un événement. D’autant plus que les Californiens ne sont pas très prolifiques (malheureusement) et à raison d’un album tous les cinq ans, ils sont devenus une sorte de super-production, aux mécanismes bien huilés, que ça soit en tournée ou dans les studios avec le génial producteur Rick Rubin. D’ailleurs, l’hypothèse la plus crédible de départ du tout aussi génial John Frusciante, guitariste virtuose et passionné, est sa lassitude avouée vis-à-vis de ce schéma de groupe-à-pognon-pas-comme-les-autres. Son remplaçant, Josh Klinghoffer, se retrouve avec la terrible épreuve de prendre sa suite – et ce n’est pas mince affaire mais nous en parlerons tout à l’heure – sur la nouvelle cuvée I’m With You. Nous éviterons une nouvelle fois la chronique au titre par titre, efficace mais frustrante pour l’écrivain narcissique que je suis ou essaye d’être. Mais ceci-dit, je démarre quand même par le premier morceau qui est, à mon goût, révélateur de beaucoup de choses. L’intro de cette chanson, « Monarchy of Roses », est une vraie prise de risque, qui pourrait rester dans les annales comme y glisser ridiculement. Et les maintenant quinquagénaires – si ce n’est Klinghoffer, mousse de la bande – montrent astucieusement qu’ils restent un groupe bien spécial, assez éloigné du "commerce". Le titre est un peu en marge du reste de l’album, vraiment quelque chose de particulier (d’ailleurs présenté comme deuxième single), mais qui a le mérite de nous mettre dans le bain. Parlons un peu de Kiedis, frontman et parolier qui, au cours de son illustre vie, est passé du quasi-inaudible, à l’audible pour arriver à cinquante piges au quasi-trop-audible. J’en profite pour rappeler la subjectivité de mes propos. Sir Psycho Sexy est bien loin du chant incisif de Blood Sugar Sex Magik, qui donnait le côté sexy et funky – même sur « Even you Brutus ? ». Mais difficile de reprocher à un chanteur de constamment s’améliorer, n’est-ce pas ? Rassurez-vous, sa plume, même si elle a ôté sa vulgarité pour enfilé un lyrisme adorable, est restée intacte et s’inscrit dans la continuité de Stadium Arcadium avec des titres comme « Annie Wants A Baby » ou « Ethiopia ». L’album s’inscrit d’ailleurs dans la continuité du précédent. Les Red Hot Chili Peppers s’éloignent, ou restent éloignés, du funk-rock, du punk-funk de leur grandiose jeunesse pour glisser vers un rock plus abordable mais plus classique, à tendance popeuse parfois. Je ne diabolise pas cette évolution permanente, au contraire, ils ont grandi et continuent à grandir avec un même effort pour conquérir, car on parle de conquête de nos jours, la qualité. Pour poursuivre, notons l’ultra-présence de la basse, par l’excellent Flea – aussi pianiste sur l’album, notamment sur le très bon « Hapiness Loves Company » - qui m’impressionnera toujours, notamment sur les intros de « Ethiopia », « The Adventures of Rain Dance Maggie » et « Factory of Faith », trois bons titres. J’ai tendance à m’en lasser et mon esprit trop rationnel pense tenir la preuve d’un manque de confiance de Klinghoffer – ce qui est probablement et je l’espère faux. Mais la timidité du guitariste n’est plus à prouver, voyez plutôt les interviews promotionnels où il n’est pas très volubile. Pourtant, Klinghoffer a quelques grands moments sur I’m With You, et croyez-moi, je l’adore. Son côté renfermé ne lui donne que plus de charme, et il se libère sur scène pour le bonheur de tous. Ami de Frusciante et même collaborateur à plusieurs reprises, il réussit la transition. Sa séquence de chant sur « Meet Me At The Corner » est l’une des grandes claques de l’album, et ses riffs sont dignes de son prédécesseur. « Did I Let You Know » est probablement l’un des meilleurs titres de l’album ; son travail sur « Brendan’s Death Song », hommage à Brendan Mullen et « Wet Sand » (de Stadium Arcadium) de l’album, est remarquable ; il excelle également sur « Police Station ». Avant de conclure, un mot sur Chad Smith, travailleur de l’ombre sur sa batterie mais qui reste une référence en la matière. Il est d’ailleurs accompagné aux percussions par Mauro Refosco, qui fait partie de la bande pour le I’m With You Tour, succès planétaire. Ne sautons pas de ligne, soyons fous et lançons-nous dans la conclusion. Comment dire ? Album homogène, malgré « Monarchy of Roses » et sa particularité, très bon album, excellent groupe aux portes de la légende, renouvellement non négligeable et des performances scéniques toujours au top. Je mets 4 étoiles parce que, sans être un chef-d’œuvre, c’est une grande réussite (et j’en suis dingue). Longue vie aux Red Hot Chili Peppers, longue vie au Rock.
Liste de lecture (59:16) 01 - Monarchy Of Roses |