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Chroniques : Pain - You Only Live Twice

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Pain
You Only Live Twice
2011 - Metal (Industriel)etoileetoileetoileetoileetoile
Par Beri
(08/02/12)


You Only Live Twice

Le dernier album du one-man band Pain et nouveau chef d’œuvre de Peter Tägtgren, You only live twice, se qualifie clairement comme étant l’accomplissement d’un projet, l’apogée d’un art nouveau, un style défini dont l’évolution constante atteint aujourd’hui une nouvelle limite. Petit historique pour bien situer la chose :


En 1996, Peter Tägtgren donnait naissance à son nouveau projet solo qu’il appela Pain. Déjà fondateur, guitariste, chanteur et compositeur du groupe de death metal mélodique Hypocrisy à l’époque, Peter avait dans l’idée de composer dans un style nouveau, souhaitant allier l’électronique, l’industriel au death metal pour former une sorte de metal industriel hybride, dont la comparaison avec d’autres ne serait pas faisable.  Il se lançait dans une sorte de metal expérimental.


Au travers de ses différents albums, il était souvent ressenti un trop-plein d’electro ou de death metal tandis que la finition était parfois un peu brouillonne, décalée, et résolument indéfinie. Aujourd’hui, sur ce septième album, Tägtgren accouche le but ultime de son projet, nous crache cet hybride tant désiré qui a pendant si longtemps mûri dans sa tête. Il nous offre du son, du véritable bon son ! Comme on le dit toujours, il faut tirer leçon de ses erreurs. Et Peter ne s’est pas ménagé sur cette citation et encore moins sur sa production, digne de sa réputation et faisant honneur à Hypocrisy, ainsi qu’à l’art tout entier.


Comment résumer You only live twice ? Mathématiquement, ce septième album est un concentré de musique cent pour cent metal dans l’âme, cinquante pour cent électronique et cinquante pour cent death metal dans la forme, mais zéro pour cent commercial. Mentalement, cet album est un ravage sans nom, un ouragan, une tempête musicale qui n’a d’égal que lui-même.


Alternance constante entre son clair, son de distorsion ; une batterie puissante et maléfique à la fois qui donne un rythme soutenu, telle une incroyable marche militaire, le tout sur les effets de l’electro se retrouvant au travers d’un synthétiseur cybernétique, parasité, déjanté, enragé ; de la batterie caverneuse et lointaine mais toujours au rendez-vous et soutenant la rigueur de chaque morceau, mais aussi de la voix !


Cette voix ! Plus définie que jamais ! Adieu la grosse voix de Peter mal placée, mal cadrée dans la chanson, adieu la voix trop fluette sur un rythme trop électro. La voix est juste, puissante, mais aussi pleine d’effets par moment et s’adapte parfaitement à la musique. Et quand il doit crier, il crie. Dieu seul sait qu’il le fait bien. Des cris à faire trembler les tympans et à faire bouillir les sangs, vous rappelant chaque seconde que c’est Pain que vous écoutez.


Dansant sur cette ambiance de science-fiction, de technologie et d’un brin d’apocalypse, les mots de Tägtgren sont simples à la compréhension et percent immédiatement dans l’esprit. Exactement comme dans Hypocrisy, Peter critique la race humaine, sa nature, ses envies, ses vices habituels tout en laissant un côté mystérieux de manipulation, de possession, de démons intérieurs, ainsi que de souffrances mentales et physiques. Un côté sombre bien à la sauce du compositeur, aussi bien ressenti dans Pain que dans Hypocrisy. Société de consommation, société qui décade, société sans temps, sans passion, fatalité de l’humain dans ce monde, tout y passe avec You only live twice. L’engagement est au rendez-vous.


Des titres forts, significatifs, plus nerveux et sombres les uns que les autres et qui attestent le groupe Pain de sa magistrale efficacité. Des chansons plus rythmées, plus déménageuses telles « Let me out », « The Great Pretender », « I Want More » et « Dirty Woman » aux plus sombres et tristes comme « You only live twice », « Season of the Reaper » et « Leave me alone » en passant par les plus puissants et violents, j’ai nommé « Feed the demons » et « Monster », tout sur cet album n’est que sensation et délectation.


Et si seulement tout ce bonheur s’arrêtait là ? Mais n’y comptez pas ! Ceux qui ont obtenu l’édition limitée (comme moi)…  En plus des dix titres originaux et présents sur le véritable album, un deuxième CD bourré de bonus tracks vous attend. Rien de transcendant, mais ça ne se refuse pas. D’une part quelques chansons de Cynic Paradise en live pour les plus fans d’entre vous et d’une autre part des remix des chansons de You only live twice par quelques Dj. Des bonus qui sont donc maigrichons, surtout qu’il est à noter que les remix sont complètement sans intérêt, dénaturants et bien loin de l’œuvre originale. Seules les chansons en live valent le détour. Mais les bonus n’entament en rien la somptuosité de l’album, ceux-ci n’étant qu’un rajout des plus facultatifs.


Un album sans entorse qui fait un véritable saut à la perche par-dessus ses prédécesseurs. L’aura démoniaque du multi-instrumentaliste suédois s’agrandit encore, engloutissant même son excellent père : Cynic Paradise, album de Pain sorti en 2008. Moins commercial que ce dernier, plus « home-made », plus metal en direct de l’orfèvrerie Tägtgren. Une réussite éclatante, qui vous restera en tête et vous fera trembler, vous, vos oreilles, vos enceintes, vos murs, vos voisins, maintes nuits avant que vous vous en lassiez. Si vous vous en lassez un jour, bien entendu …


Après tout, vous ne vivez que deux fois.


 








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Liste de lecture (40:41)

01 - Let Me Out (4:36)
02 - Feed The Demons (3:54)
03 - The Great Pretender (4:06)
04 - You Only Live Twice (4:06)
05 - Dirty Woman (4:19)
06 - We Want More (4:46)
07 - Leave Me Alone (4:11)
08 - Monster (4:07)
09 - Season Of The Reaper (6:36)