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Chroniques : Günther - Pleasureman |
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- De Mamzelle-Murielle dans
Mats Olle Göran Söderlund est un mannequin suédois peu connu jusqu’au début de l’année 2000, où il décide de se lancer dans la musique. Un peu à la façon de Sacha Baron Cohen (Ali G, Borat et Brüno), il se créé un personnage fictif, Günther, une satire des chanteurs européens (en particulier allemands) des années 80 à 2000. Il le présente comme un archétype du « beauf », avec des tenues kitches très provocantes, une coupe mulet, une moustache bien tracée entourant la partie supérieure de sa bouche, avec laquelle il adore poser sur les photos en la pointant façon « cul-de-poule ». Puis vient son premier tube, « Ding Dong Song », qui fit, très franchement, un rapide carton partout dans le monde, et notamment dans les milieux estudiantins. Il a tout de même fallu un certain temps pour que l’imposture soit révélée. On a cru en effet que Günter était un acteur porno allemand qui voulait devenir une star de la musique ! Ce n’est que via des interviews, bien des mois (si pas des années) après « Ding Dong Song », que le projet fut dévoilé au grand jour. Il faut dire que le clip « Ding Dong Song » nous mettait dans le brouillard : filtre vidéo érotique, ambiance provocatrice, filles de joies chaudes comme la braise (qu’il présentera comme ses fidèles Sunshine Girls) et en extase devant le Günther qui pose comme un Dieu grec et, le cœur de son délire, une musique rythmée transpirant l’europop (pop européenne commerciale) à 300%, chantée en anglais avec un accent allemand à mourir de rire ! Phénoménal le type ! Le succès poussa Mats à poursuivre son projet complètement barge et à sortir plusieurs singles avant de tout réunir sur un seul album, Pleasureman, en 2004, avant une réédition aux Etats-Unis en 2006. « Teeny Weeny String Bikini », « Touch Me », « Tutti Frutti », « The Christmas Song (Ding Dong) » et quelques autres, les singles de Günther sont toujours restés plausibles dans le cadre comique qu’il a su installer. Quant aux textes, ils sont emprunts de ce que la pop commerciale a pu (et continue) à faire de pire puisque ça parle de sexe, d’alcool, de soirées, de plaisirs, tout ça avec une exagération sans bornes. Mais ça fait partie du délire ! Et franchement, aussi fou que cela puisse paraître, il est difficile d’imaginer notre culture (geek) aujourd’hui sans la musique de Günther, l’un des personnages les plus intéressants de la musique anti-pop commerciale de ces dix dernières années. Il suffit de naviguer sur les sites de vidéos en ligne pour se rendre compte de la chose. Et puis, Günther a vite compris la recette : pour être plausible, il n’a pas eu recourt à une musique et des textes ultra-sophistiqués et polémiques. Il s’est juste contenté de prendre le pire ça et là et de le critiquer en se fondant dans la masse. Paradoxalement, on croit toujours que Günther est Günther et que ce n’est pas un jeu ! C’est peut-être ce qui rend le mythe encore plus marrant ! Le projet Günter est au final plus une réussite comique qu’un véritable projet musical avec des intentions stylistiques à défendre. Pleasureman valait tout de même le coup qu’on lui consacre une petite chronique. Avec toutes les vidéos officielles, de fans et parodiques engendrées sur la toile, on ne peut plus passer à côté du gars. Et si la musique est bien prise au second degré, difficile de ne pas succomber au charme de Günter. L’album est peut-être un peu lourd et on n’y reviendra pas pour une écoute de routine, mais en circonstance, il se laisse franchement écouter. C’est l’album idéal pour passer une soirée cavalcade avec vos ami(e)s (proches) ! Encore plus puissant qu’un Franky Vincent ou qu’un Patrick Sebastien. Testé et approuvé !
Liste de lecture (40:00) 01 - Like Fire Tonight |
J'applaudis l'initiative ! En plus ta chronique est super intéressante. Comme quoi Günther c'est plus qu'un délire entre potes.