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Interviews : Les Quenelles de Requins |
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- De Mamzelle-Murielle dans
Interview de : Les Quenelles de Requins
Par Ptilouis (06/05/11)
Après la sortie de leur premier E.P, Je Suis Animal, le sympathique trio des Quenelles de Requins a bien voulu se prêter au jeux de l'interview. Une interview longue, car ils sont bavards où vous saurez ce qu'est le rock animalier, pourquoi l'album est si varié, mais aussi des choses plus triviales comme leurs animaux préférés. Sur ce, bonne lecture!
Q: Est-ce que vous pouvez me présenter le groupe, Les Quenelles, ainsi que l'idée qui a créé le groupe et son évolution?
Baptiste: Les Quenelles de Requins est un groupe qui a été formé il y a 7 ans. Au fait, on était tous au collège et le concept initial était de faire des paroles totalement stupides et une musique plus sérieuse pour faire un contraste et aussi se démarquer des autres en ne parlant que d'animaux, ce qui a donné le concept du rock animalier qui a évolué ensuite. C'est une fois que PM est arrivé que ça a changé. PM: (un peu embarrassé). Euh, ça a changé quand je suis arrivé... Je ne sais pas. Faut croire que j'écrivais des paroles un peu plus sérieuses et je ne sais plus quand la révélation est arrivé, mais un jour on s'est dit avec Baptiste et Jess que le rock animalier était un concept beaucoup trop vaste et beaucoup trop libre pour être limité aux seuls animaux et donc on pouvait aborder des thèmes et faire tout ce qu'on voulait finalement. Baptiste: Donc, comme on l'explique sur le CD, c'est un prétexte pour faire une musique libre.
Q: Comment vous qualifiez le rock animalier?
Baptiste: La définition officielle, c'est un genre consistant à dépeindre toute l'animalité d'un monde de manière drôle ou violente. PM: Mais cette définition nous a joué de mauvais tours, les gens croient qu'on est un groupe de dépressif. (rire). La définition du rock animalier c'est qu'on a un riff de guitare, un groove de batterie ou une ligne de basse que l'on trouve vachement bien pour en faire un morceau et on s'en fout qu'il sonne plus bossa-nova ou Queen of The Stone Age et on va le mener à terme et le jouer en concert quoi qu'il arrive. Baptiste: C'est un genre qui nous permet de ne pas être enfermé dans un genre (les deux autres approuvent). PM: C'est un non genre.
Q: Vous avez sorti un E.P il n'y a pas longtemps qui s'intitule Je suis Animal. Pourquoi?
Jess: Justement, c'est à propos de la bestialité de l'être humain et comme c'est PM qui a écrit les paroles et que celles-ci sont plus sérieuses et parlent plutôt de l'être humain. Donc pourquoi pas mettre ce titre là. Baptiste: Au fait, on s'était dit sur cet E.P comme nous avions deux périodes, une très débile et l'autre plus sérieuse, il fallait que l'on choisisse si on mettait que ce que l'on fait maintenant, notre période plus sérieuse, ou alors mettre un peu les deux périodes ou juste l'ancienne. Finalement, on a mis un peu de tout et c'est pour ça qu'il y a L'hippopotame qui voulait enculer une girafe PM (l'interrompant): C'est surtout un ami qui a dis le titre lors d'une soirée et on s'est dit que c'était pas mal. Baptiste: Donc, ça fait référence au rock animalier, à la bestialité de l'être humain et à l'hippopotame qui voulait enculer une girafe (rires). PM: Et puis il faut aussi dire que c'était le titre du morceau que l'on travaillait et qu'on l'avait continuellement dans la tête pendant qu'on faisait L'E.P et ça a pu nous influencer.
Q: Vu que l'E.P est assez varié, on y vois du Queen of the Stone ou du Them Crooked Vultures, quels sont vos principales influences?
Baptiste: Comme tu viens de le dire, en ce moment c'est vraiment ces deux groupes (ndla: Héroïne, le Scorpion). Pour l'albatros, on ne sait pas trop, il y a un côté clean-saturé, mais c'est à force d'avoir trop écouté Nirvana. Quand tu écoutes le morceau, tu ne trouves pas vraiment d'influences. Pour l'hippopotame, au niveau du texte, il y avait une première version ultra débile qui était grave influencée par les Betteraves comme le morceau caché, et finalement vu que c'est notre premier E.P on a voulu chiader un peu plus les textes. Toutes proportions gardées, dans « Gare aux Gorilles » de Brassens, c'est quand même l'histoire d'un gorille qui encule un juge et ça passe très bien, car ce n'est pas ultra explicite comme « Et après il va l'enculer! ». Donc on a retravaillé les paroles et mis à part le refrain qui est très explicite, on a apporté plus de nuances dans les couplets. Pour le XXIème siècle, c'est un des seuls morceaux vraiment engagé au point de vue des paroles. PM: Pour les paroles je ne sais pas l'influence, mais pour le riff je sais que c'est venu juste après avoir vu un concert de Marcus Miller et en essayant de comprendre quel gamme il utilisait, mais bon t'entends pas beaucoup Marcus Miller non plus. C'est pour ça, je pense que dans les morceaux il n'y a pas d'influences notables. Ils sont arrivés après une digestion de toutes les influences différentes que l'on peut avoir donc tu pourras retrouver sur cet accord là un peu de Led Zeppelin ou sur cette mélodie un peu de Nirvana, Marilyn Manson, de Queen... C'est vrai que dans certains morceaux l'influence est plus net que dans d'autres, mais généralement je pense que c'est plus un ensemble de choses. Baptiste: Il a raison!
Q: Okay! Alors, en parlant toujours de l'E.P, je vous ai déjà vu en concert et je sais que vous avez beaucoup plus de morceaux, alors pourquoi avoir choisi ceux-là.
Baptiste: Au fait, puisqu'on existe depuis 7 ans, on voulait mettre des morceaux qui soient représentatifs de toutes les périodes. Par exemple, « L'hippopotame » c'est vraiment première période, « L'éphémère » c'est une période de transition quand PM est arrivé, « L'albatros » un peu aussi puis des morceaux plus influencés par Queen of the Stone Age comme tu l'as dis. On a pas enregistré que ces morceaux là, mais on a choisi ce qu'on trouvait les mieux enregistrés, ceux qui rendaient le mieux par rapport à ce qu'on imaginait. Parfois, t'enregistres un morceau et t'es assez déçu par ce que tu entends et tu te dis « merde, c'est pas comme ça que je l'imaginais » et là on a choisi ceux pour lesquels on était le plus fiers en terme d'enregistrement et d'arrangements. PM: En soit, j'aurais été très content que « Le chameau mutant à trois bosses » ou « Le castor » soient sur le cd, mais il n'y avait pas la même qualité de son qu'avec les autres. Jess: Et aussi en terme de note ( ndla: d'enchainement) Baptiste: Oui! Jess a raison. Il fallait que les morceaux s'enchainent bien. Donc, pareil « La Gazelle » avait été bien enregistrée mais on arrivait pas à la caser ni avant ni après tel ou tel morceau. PM: D'ailleurs, tu remarqueras que « L'albatros » et « Héroïne » se suivent et sont en mi. Ensuite c'est « L'Ephémère » et « Le Scorpion » en sol, puis « L'hippopotame » et « Le XXIème siècle » en ré.
Q: Et le morceau caché? Baptiste: En ce qui concerne ce morceau, on voulait le mettre, mais on l'a enregistré dans un autre studio et on était moins fiers du son, notamment du son de batterie. Mais bon, il devait être là, car c'est un morceau emblématique de fin de concert. C'est pour ça qu'on l'a mis en piste cachée, mais peut-être qu'un jour on le réenregistrera.
Q: Un autre point important, sur la pochette, c'était quoi l'idée?
PM: C'est tout ce qu'on dis depuis le début. Il y a deux périodes dans le groupe et moi avec cet accoutrement complètement stupide mon saucisson dans une main et mon pistolet en plastique dans l'autre bah je représente plutôt la période hippopotame, pingouin et crabe. Ce qui est marrant puisque c'est moi qui ai apporté la touche sérieuse. Et Baptiste en face de moi avec son costume noir et sa réplique de flingue plutôt réaliste représente le côté plutôt sérieux. Donc, on est en train de se battre et Jess est en train d'essayer de nous départager en étant habillé avec un haut sérieux et des moon-boots en dessous. Elle est l'arbitre du duel et on voit de l'autre côté de la pochette qu'il ne reste plus qu'elle debout parce que quelque part Les Quenelles de Requins c'est à la fois ce côté débile et sérieux et si l'un des deux côtés essaye de prendre le pas sur l'autre, c'est le groupe qui explose.
Q: En parlant des morceaux on remarque qu'il y a un problème au niveau du son de « L'albatros ».
Baptiste: Au fait, c'est juste une question de niveau et de moyen vu que c'est vraiment une auto-production. On n'a pas pu faire un mastering des morceaux. Du coup, on a laissé les mixages originaux et légèrement arrangé les niveaux ce qui fait que par défaut « L'albatros » est censé être moins forte que les autres. On a essayé d'ajuster, mais c'est finalement juste une erreur technique car si on le mettait au niveau de « Héroïne », le morceau allait saturer. On a donc préféré un mix homogène en se disant que l'utilisateur n'aura qu'à doubler le son pour « L'albatros ». Mais quand on complètera le cd, on fera peut-être un mastering si on vend bien cet E.P là.
Q: On remarque avec vos concerts et le morceau caché que PM chante, enfin hurle lors des refrains, je trouve que c'est une très bonne idée, mais je me demande comment s'est venu?
PM (réfléchissant): Oui tiens c'est vrai comment c'est venu? Parce que l'idée de chanter n'est pas venu de moi. Baptiste: Disons que dans un monde utopique, ça aurait été idéal qu'on puisse chanter tout les trois. J'ai le temps de prendre des cours de chants vu que je suis chanteur, mais les autres non. Mais, vu qu'on ne peut pas faire des mélodies super compliquées, il faut quand même m'aider sur certains refrains pour donner un côté un peu plus puissant, c'est pour ça que PM est le crieur officiel du groupe. Et Jess m'aide à chanter sur les morceaux un peu plus calmes et fait les choeurs. Jess: Il faut dire qu'on est un peu influencé par les Beatles. Baptiste: Au fait, j'aime beaucoup les harmonies de voix dans les morceaux rocks. Et si je m'écoutais je mettrais des pistes et des pistes de chœurs, mais le problème c'est qu'il faut que ce que tu vois en concert puisse ressembler à ce qu'il y a sur la maquette, tu vois. Et donc si j'en fais trop, les gens vont s'imaginer des chœurs incroyables sur scènes et vont être déçus. Du coup, on les mets plus avec parcimonie. PM: C'est vrai que ce serait intéressant, il faudrait que je chante un peu plus juste, que je bosse ma voix. C'est un truc à bosser.
Q: C'est vrai que je trouve ça très intéressant que la voix de PM, mais même la voix de Jess (même si on l'entends moins), tranche avec ta voix.
Baptiste: C'est vrai que PM a une voix très grave et ça apporte une couleur différente sur les morceaux. Là on l'entend que sur « Le crabe », mais peut-être qu'on mettra « Le chameau mutant » pour la suite. On risque de continuer un peu dans cet optique là.
Q: D'ailleurs, PM l'a dit, mais y a-t-il des morceaux que vous auriez aimé rajouter dans votre E.P?
PM: J'aurais bien aimé que « Le castor » soit là, mais je trouve que c'est une bonne idée qu'il soit une surprise du live, mais j'aurais bien aimé juste pour le break et le solo qui est peut-être le meilleur que Les Quenelles de Requins aient pondu. Jess: Moi je suis contente, j'ai eu toutes celles que je voulais. Donc j'ai pas à me plaindre. Baptiste: Et moi, j'aurais bien aimé mettre les deux morceaux qu'on est en train de faire: « Je Suis Animal » et « Clone » qu'on a joué au dernier concert. Mais elles n'étaient pas vraiment prêtes.
Q: Alors je voulais vous poser une autre question: qu'est-ce qui vous motive dans les textes que vous créez qu'ils soient sérieux ou débiles? Je pense à l'éphémère notamment qui a un texte très beau.
PM: (silence de réflexion). Pour « L'éphémère » j'avais envie de faire quelque chose de bien car c'est le premier morceau qu'on a fait quand je suis entré dans le groupe. J'ai été aidé, je préfère d'ailleurs travailler comme ça. Baptiste, Jess, Alex (ancien guitariste rythmique) et François avaient déjà enregistré une première version sans paroles, mais j'avais déjà la mélodie de voix. Donc à partir du moment où je sais comment Baptiste va chanter, j'essaye d'accorder les paroles en fonction, de tomber sur le bon nombre de pieds, d'avoir la bonne rime là où elle va tomber et surtout j'avais déjà l'atmosphère qui allait se dégager du morceau et ça aide beaucoup pour écrire. Mais il y a d'autres possibilités, j'ai écris les paroles d' « Héroïne » en me disant que ça pourrait devenir un morceau, mais je ne savais pas sur quoi ça allait pouvoir tomber. J'ai envoyé le texte aux deux autres, qui l'ont bien aimé et Baptiste a fait le morceau après avoir lu les paroles. Ce que je trouve bizarre, je préfère travailler dans l'autre sens. Et le texte d' « Heroïne » a été écrit pendant que j'écoutais énormément l'album The Downward Spiral de Nine Inch Nails et notamment le morceau « Reptile » qui parle d'un cadavre qui est en train de se faire dévorer, c'est un truc très glauque plus froid qu'un esquimau sur la banquise (rire), c'est monstrueux. Je suis extrêmement influencé par ce que j'écoute au moment où j'écris. Baptiste: Au fait, maintenant j'écris aussi des textes affreux, par exemple le scorpion c'est Jess et moi qui l'avons écris. Sur le même principe, la musique puis les paroles. Et pour les morceaux d'avant, je cherchais à chaque fois une idée vraiment stupide, pour « L'hippopotame » c'est une idée de Jess et j'ai brodé autour avec des moments percutants dans l'histoire. PM: Enculer! (rires) Baptiste: Pareil pour « Le cheval trisomique » ou « Le chameau mutant à trois bosses ». Tout est dit dans le titre. Au fait, maintenant je suis vachement influencé par PM. PM: D'ailleurs, y a un truc qui me gène, c'est que je n'arrive pas à écrire des paroles sur les animaux comme « L'hippopotame ». Je ne sais pas faire, mais j'aimerai bien. C'est un truc dont je suis incapable.
Q: Je ne sais pas si j'ai été très clair. Mais les sujets des différents morceaux de l'album portent sur quoi grosso modo?
Baptiste: Le sujet de la haine! (rires) PM: Je sais pas s'il y a un sujet au fait. Je pense pas qu'il y ai de concept autour de l'album. Baptiste: S'il devait y avoir un concept, c'est comme on t'a dit la dualité, la mixité des genres qui fait qu'il n'y a pas vraiment un message précis, tu vois ce que je veux dire. Au fait, ça part un peu dans tout les sens, on va dire. PM: L'album va dans tout les sens et c'est peut-être pour qu'on s'intéresse plus à la musique qu'aux textes Jess: Et surtout on a essayé de faire plaisir à tout le monde. Certains voulaient des morceaux plus sérieux et d'autres plus second degré, comme ceux qui voulaient des morceaux plus doux et d'autres plus bourrins. Baptiste: On avait des fans très variés, donc on s'est dit qu'on allait faire des morceaux très variés, parce que c'est un premier EP, il fallait contenter un peu tout le monde.
Q: Okay. J'ai une autre question qui va peut-être paraître stupide. Dans la scène de rock (et metal) français beaucoup de groupes chantent en anglais, alors pourquoi chantez-vous en français?
Jess: On a pas envie de faire comme ces groupes français nouveaux sous prétextes que ça fait mieux. On essaye de faire en sorte que le français aussi puisse être une bonne langue pour la musique rock. PM: Et puis c'est un défi de faire sonner des morceaux rocks avec des textes en français parce qu'on a vraiment pas une langue rock'n roll. Baptiste: Et tu vois, par exemple si on regarde le rock en Allemagne, Scorpions ils chantent en anglais et sont super connus, mais Rammstein aussi alors qu'ils chantent en allemand. PM: Et Tokyo Hotel!Parlons-en! (rires générales) Baptiste:Et si tu demandes à un amateur de musique à ton avis c'est quoi les groupes vraiment ultra important dans le rock en France, ils vont te dire Téléphone et Noir Désir et ces gars chantent en français. Je crois même que Noir Désir a eu du succès pas forcément aux Etats-Unis, mais par exemple en Italie. Donc on est pas obligé de chanter en anglais pour être connu à l'étranger. PM: Matmatah s'est retrouvé à faire des concerts en Russie et je ne pense pas que les gens comprenaient ce qu'ils disaient. Jess: On aimerait dépasser les frontières, avoir le même succès qu'un groupe américain mais avec un chant en français. On va battre ces anglais! (rires)
Q: Vous faîtes beaucoup de concerts et vous avez gagné si je me souviens bien le concours Jeunes Talents, mais je ne pense que beaucoup de personnes en ont entendu parler.
PM:Détrompe-toi!Il y avait des gens qui montaient de Marseille pour y aller! Oui, monsieur! (rires)
Q: Et donc, qu'est-ce que cela vous a permis le fait de gagner ce concours?
Baptiste: ça nous a carrément boosté et donné un peu plus confiance en nous. Ça nous a aussi donné un élan pour finaliser l'EP. Après ce qu'on a gagné, c'est un concert où on était en tête d'affiche et où on pouvait jouer deux heures, avoir une première partie et gagner les bénéfices d'entrée de la salle. Le concert nous a pas rapporté beaucoup, mais c'était une expérience sympa. PM: Ça va peut-être nous pousser à tourner un petit peu plus en dehors de la région parisienne pour essayer de voir de nouvelles têtes. Parce que bon, on tourne un petit peu toujours dans les mêmes coin, donc c'est forcément un peu toujours les mêmes personnes qui viennent nous voir et on se retrouve avec des gens qui se disent « Ouais, les Quenelles de Requins c'est vachement bien, mais je les ai déjà vu 10fois l'année dernière je vais peut-être... » Jess: Et ce serait bien que l'on élargisse notre public. PM: Parce que là, ce concert, on s'est éclaté sur scène, mais il n'y avait pas autant de public, même que ce qu'on a pu être habitué à avoir ou même que ce qu'on espérait. Donc, c'est peut-être le moment de se dire, Paris c'est bien, mais va falloir voir un peu ce qu'il y a autour.
Q: Et en ce qui concerne les ventes d'albums. Comment ça se passe?
PM: Pour ce qui est des ventes de l'album, le fait de ne pas avoir de distributeur limite forcément l'opération. En réalité, nous ne vendons principalement nos CD qu'à la sortie de nos concerts. Quelques commandes aussi nous arrivent, mais l'essentiel des ventes se fait de la main à la main. Et, cette base étant posée, on peut dire que notre EP s'est vendu comme on l'attendait : les gens qui viennent nous voir repartent avec un CD, c'est aussi simple que ça. S'il y a du monde dans la salle, on en vend beaucoup ; si, comme cela arrive aussi malheureusement, il y a à peine autant de personnes devant que sur la scène, alors on vend trois disques et on rentre chez nous.
Q: On va changer de sujet. Finalement pour chacun de vous quel est le morceau pour lequel vous avez le plus d'affection dans tout votre répertoire et sur l'album?
PM: Oulah! Là c'est une question très difficile. (long silence de réflexion) Baptiste: J'ai une réponse. Le morceau que je préfère c'est à chaque fois le morceau qu'on fait actuellement. Après ça évolue tout le temps. Par exemple, là je vais te dire « Clone » et « Je suis animal » parce que c'est ceux qu'on est en train de bosser. Bon okay c'est une réponse un peu lâche. PM, Jess et moi: Ouais carrément lâche! (rires)
Q: Mais tu devras répondre pour celle de l'album.
Baptiste: Ah, ouais c'est vrai. Bon bah, « L'Albatros » ou « Le scorpion ». « L'albatros », en oubliant le niveau du son, c'est celui où je préfère le mix et c'est le plus homogène et le plus varié et ça évolue tout le temps. Et « Le scorpion », car c'est très stoner et ultra libre. Le solo, je délire et fait n'importe quoi et y a des rythmes super compliqués, j'aime bien. Jess: Bon, pour moi c'est « Le chameau (mutant à trois bosse) » ou « Héroïne ». Car le chameau c'est le premier morceau sur lequel je m'éclate forcément à chaque fois qu'on le joue parce que j'ai fait des parties de batterie un peu plus évoluées que « Le Crabe » ou « Le cheval trisomique ». Donc c'est un morceau débile où je m'éclate. Et ensuite « Héroïne » où je fais plus de choses à la batterie et je m'éclate dessus. PM: Alors, en ce qui me concerne, j'ai un petit faible pour « L'éphémère » pour le petit solo de guitare final. Baptiste s'est surpassé, il m'éclate toujours autant et je l'ai trouvé génial depuis le début. Et pour le morceau que j'adore c'est « Le crabe » car c'est le premier morceau que j'ai vu des Quenelles de Requins alors que je n'étais pas encore dans le groupe et j'avais trouvé ça complètement fou, il y a quatre accords de merde qui sont répétés tout le temps et un solo antigravité, dans le dos. Tout le monde se met à sauter, les gens hurlent et... le crabe, le crabe, incroyable. C'est pour l'instant le plus grunge qu'on ai fait. (rires) Baptiste: C'est marrant, il n'y a aucun choix qui se recoupent.
Q: Bon maintenant, on va passer à des questions moins intelligentes, tout du moins plus fun. Tout d'abord vu qu'on a parlé de concert. Quel a été votre meilleur et votre pire souvenir de concert?
Baptiste: Le pire, on est tous d'accord. C'est un concert au 3 Pierrot à Saint-Cloud en 2008. On avait ramené plein de mondes, j'avais même ramené mon prof de BTS. Puis le mentor du son arrive et les mecs me disent « non vous avez pas le droit d'utiliser d'amplis de guitare », donc quand t'as besoin de jouer en saturé c'est un peu compliqué. Et le pire, on est arrivé, on a joué et les amplis ont explosé dès le premier morceau. PM: Il n'y avait plus qu'un seul retour qui fonctionnait. Baptiste: Personne s'entendait, personne nous entendait, c'était juste affreux. On est arrivé deuxième à trois voix près, on a pas récupéré notre prix et on est jamais revenu les voir. On les a envoyé se faire voir, mais c'est l'association en question qui était nulle. Et après, ils ont mis pas mal de photos de nous dans le journal de Saint-Cloud sans nous en parler. Et pour le meilleur concert, c'est un peu plus difficile. Jess: Chacun dit celui qu'il préfère. Pour moi, c'est celui de Ville d'Avray à la place de l'église pour la fête de la musique, le lendemain du concert pourri et j'étais zen, je me sentais bien, le public était à fond dedans et pour une fois ce n'était pas que les copains. C'était un public de Ville d'Avray qui venait comme ça, qui marchait. On avait un très bon son et aucun problème technique. Je me suis vraiment éclaté. Baptiste: Et c'était encore mieux, justement parce que la veille il y avait eu ce concert de merde où on avait vécu l'enfer. PM: Alors, mon meilleur concert! Je pense que j'en ai deux. L'un où j'étais pas dans le groupe: celui du 18 mars 2006. Où c'était la première fois que Baptiste avait décidé de se lâcher sur « Le crabe » et là je m'étais pris une claque dans la gueule. Et c'est à ce concert que je me suis: « Mais c'est ça ce que je veux faire, merde! Il faut que je sois sur scène avec ces gars là maintenant et que je fasse cette musique maintenant! C'est génial ». Et sinon avec moi, je pense que c'est le premier concert que l'on a donné pour l'abracadabar, un bar dans le XIXème, où c'est la première fois qu'on jouait aussi longtemps. On a joué plus de deux heures! Encore une fois, il n'y avait pas beaucoup de mondes, mais on avait un public survolté qui nous a fait faire deux rappels. On a même été obligé de faire une reprise de Nirvana parce qu'on savait plus quoi faire. Je trouve que c'était vraiment un concert super sympa, celui-là. Et on avait fait deux jams de 10 minutes où personne s'est planté où on se suivait. Il s'est passé vraiment quelque chose à ce concert. Baptiste: Et pour moi, je dirais la fête des étangs de Ville d'Avray de 2009. On avait joué pour la première fois « Le XXIème siècle » et j'avais craché du faux sang sur la tête de PM et Jess, je jouais la Marseillaise de façon complètement destroy et les gens nous avaient balancés des roses à la fin. En plus, on avait super bien joué et on s'y attendait pas.
Q: Citez moi trois groupes qui font des chansons sur des animaux.
Baptiste: Georges Brassens... PM: Henry Des (rires). Jess: Et Didier Super!
Q: Quels sont les groupe qui vous mettent tout les trois d'accord?
PM: Them Crooked Vultures, Queen, Marilyn Manson grande période et Nirvana. Baptiste: Et les Queen of the Stone Age.
Q: Quel groupe vous détestez unanimement?
Baptiste et PM: Les BB brunes! (rires) PM: On a un peu de mal avec tout le mouvement baby rockers parisiens qui marche très fort en ce moment. Ils ne méritent pas ce qu'ils ont.
Q: Quel est votre animal préféré?
PM: Le crocodile! J'adore les crocodiles, je suis fou des crocodiles! Le crocodile indo-pacifique d'ailleurs qui vit en Australie et dans le golfe du Bengale. C'est lui le meilleur. Jess: Le chat! Ça paraît commun, mais j'adore ses beaux grands yeux bien ronds, son regard doux... PM: Comme un crocodile! (rires) Baptiste: Ah, je sais pas trop. On va dire le concignatus. PM: Oh merde, les dinosaures! J'ai oublié. Baptiste: Ouais voilà je t'ai eu. PM: Oh, quel con! Baptiste: Et si tu veux pas que je parle de dinosaure, t'as qu'à mettre un lézard. Le petit lézard vert que t'arrives jamais à attraper parce qu'il court plus vite que toi.
Q: Ouais, alors à quand un morceau sur un lézard ou sur un chat? Baptiste: Ouais c'est marrant parce que du coup... PM: Le crocodile, ça a été fait mais j'étais pas là. Baptiste: Mais je pense qu'il y a trop de respect vis à vis de ces animaux là. On ne peut pas se permettre comme ça... PM: Faut que ce soit le morceau parfait sinon c'est pas possible.
Q: Okay. On va donc passer à une question un petit peu plus sérieuse. Qu'est-ce que vous pensez en ce moment de la scène rock/métal française actuelle.
PM: Alors, la scène rock française actuelle, je pense qu'on sera d'accord pour dire qu'on est un petit peu déçu par notre pays en ce moment. Il n'y a pas tant que ça de groupes qui sortent vraiment du lot et qui nous donne envie. Personnellement, je dois avouer que j'aimais beaucoup Matmatah, mais c'est con, ils se sont séparés. Y a eu la reformation de Noir Désir, on pouvait attendre quelque chose mais ça vient d'exploser. Téléphone se reforme, on va voir ce qu'ils vont faire d'ici 2011 et en attendant ce qu'on a c'est vraiment pas terrible. Mais au niveau de la scène metal, c'est vrai que là pour le coup on a des artistes qui sont un petit peu plus performant et d'un gabarit plus impressionnant. Déjà, rien que le fait que Gojira soit capable de tenir les têtes d'affiche dans des festivals où il y a Metallica, Iron Maiden et compagnie,. c'est quand même génial!
Q: Ils ont fait la première partie des Mets pour certains concerts.
PM: Ouais à Arras au Rock in France en 2009, donc ça c'est génial. Et aussi dans des groupes un peu moins sérieux, je suis un fan inconditionnel d'Ultra Vomit. Je trouve ça génial. Jess: Moi, j'ai aussi beaucoup de mal avec la nouvelle vague de rock français, je trouve ça un peu facile, dans le sens où c'est baclé. Baptiste: Je ne suis pas particulièrement friand de la nouvelle vague rock parisienne, ça se la pète beaucoup mais ça n'a pas de couille. Si tu écoutes leur album et que tu vas les voir en concert tu n'entendra aucune différence. C'est pareil. Pour moi c'est de la variet' déguisée.
Q: Voilà l'interview se termine, je vous laisse le mot de la fin, si vous voulez rajouter quelque chose.
PM: Excellente interview pour commencer, menée par un chroniqueur concerné, qui maîtrise son sujet et nous a VRAIMENT écoutés! Merci donc. Ensuite, que puis-je ajouter? Mon secret pour garder la forme? Un Quenelles De Requins, un « Amerika » et un « Teen Town » de Pastorius ainsi qu'un Nirvana par soir sur ma basse avant de m'endormir. Répétée chaque jour, cette méthode fait des miracles! Plus sérieusement, réécoutez Alice In Chains, n'ayez pas honte d'apprécier Nirvana, Weather Report, Marilyn Manson ou un groupe de visual-rock japonais : pour peu que le message qu'elle transmette soit un peu plus profond qu' « on plaque trois accords en slim pour vendre des disques », toute musique est digne d'intérêt. Lâchez votre guitare en plastique et allez gratter des cordes, frapper des fûts, vider vos poumons dans une trompette ou un micro. Créez de l'énergie en allant aux concerts, zonez dans les bars et les salles près de chez vous, débranchez MTV et arrêtez de répondre à votre mère, elle gagne toujours à la fin. Baptiste: Mes 3 guitaristes préférés: Jeff Beck, Nuno Bettencourt et Brian May. Jess: Fresh Pots!!!
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